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Percheron et cheval de trait comtois : deux géants du Perche et du Jura

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On confond souvent les chevaux de trait entre eux, comme si le gabarit suffisait à les distinguer. Le percheron et le comtois, pourtant, incarnent deux histoires régionales très différentes, chacune façonnée par le terrain et les besoins agricoles de son territoire d’origine.

Le percheron, né dans les bocages du Perche

Le percheron doit son nom au Perche, cette région à cheval sur l’Orne et l’Eure-et-Loir dont Mortagne-au-Perche reste la ville de référence pour la race. Reconnaissable à sa robe grise ou noire, souvent pommelée avec l’âge, le percheron impressionne par sa stature tout en gardant une allure relativement légère pour un cheval de trait, héritage supposé d’un apport de sang arabe au fil des siècles d’élevage. Utilisé historiquement pour l’attelage et les travaux agricoles lourds, il a longtemps été exporté dans le monde entier, notamment aux États-Unis, où il a compté parmi les races de trait les plus répandues au vingtième siècle.

Cette légèreté relative, comparée à d’autres traits plus massifs comme le boulonnais ou le breton, explique en grande partie pourquoi le percheron a aussi été utilisé en attelage de voiture rapide au dix-neuvième siècle, un usage que peu d’autres races de trait pouvaient revendiquer. On retrouve d’ailleurs encore aujourd’hui, lors de concours d’élevage dans l’Orne, cette double vocation entretenue par les éleveurs locaux : force au trait, allure encore soutenue à l’attelage.

Le percheron est un cheval de trait originaire de la région du Perche, réputé pour sa robustesse, sa docilité et sa robe grise caractéristique, longtemps exporté à travers le monde pour les travaux agricoles et l’attelage, selon Wikipédia.

Le comtois, un trait forgé par la montagne

Le comtois, plus léger et plus rustique que le percheron, s’est développé dans les massifs du Haut-Doubs et des contreforts du Jura, un terrain escarpé qui a sélectionné un cheval agile, résistant au froid et capable de travailler sur des pentes que d’autres traits plus lourds auraient peinées à négocier. Sa robe le plus souvent alezane, avec une crinière et une queue plus claires, le distingue nettement du percheron d’un simple coup d’œil. Longtemps utilisé pour le débardage forestier en montagne, le comtois reste aujourd’hui l’une des races de trait françaises les plus nombreuses, notamment grâce à son usage encore actif dans certains vignobles et forêts difficiles d’accès aux engins mécaniques.

Deux races, deux vocations qui perdurent

Aucune des deux races n’a totalement disparu avec la mécanisation agricole, contrairement à ce qu’on pourrait croire. Le percheron se retrouve aujourd’hui surtout en attelage de loisir, en tourisme équestre et dans certaines fermes qui redécouvrent la traction animale pour des raisons écologiques. Le comtois, lui, garde un usage plus fonctionnel dans le débardage et l’entretien de parcelles difficiles, un savoir-faire transmis dans certaines exploitations forestières du Jura et du massif alpin. Le comtois se distingue aussi par un caractère réputé particulièrement calme et docile, une qualité recherchée pour un cheval amené à travailler à proximité immédiate de bûcherons et de matériel lourd.

Le débardage à cheval présente un avantage concret sur l’engin mécanique dans les parcelles pentues ou difficiles d’accès : moins de dégâts sur les sols et sur les jeunes plants restants, une empreinte au sol bien moindre, et une précision de manœuvre qu’un tracteur forestier ne peut pas toujours égaler dans un sous-bois dense. C’est un argument écologique autant que pratique qui redonne, ces dernières années, un intérêt à des races de trait longtemps considérées comme reléguées au folklore agricole.

Voir l’un de ces chevaux au travail, tirant une bille de bois en forêt ou une calèche lors d’une fête agricole, donne une idée bien plus juste de leur caractère que n’importe quelle photo en pré : ce sont des animaux calmes, habitués au contact humain rapproché, dont la taille impressionne d’autant plus qu’ils gardent, malgré leur gabarit, une réelle docilité au travail.

Pour ceux qui souhaitent approcher des chevaux dans un cadre naturel plutôt qu’au travail, notre article sur l’observation des chevaux de Camargue propose une autre façon de découvrir des races françaises rustiques, dans un décor bien différent des bocages normands.


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