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Couper les griffes d’un chien : longueur, fréquence, coupe-griffes ou lime

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En dix ans d’éducation canine, j’ai vu plus de chiens souffrir de griffes trop longues que de coupes ratées. La griffe qui touche le sol en permanence pousse le doigt vers l’arrière à chaque pas, et à la longue, elle modifie la posture entière du chien. C’est un soin discret, mais loin d’être accessoire.

Étape 1 — Juger la bonne longueur

Sur un sol dur, une griffe correcte ne touche pas le carrelage quand le chien est debout, immobile. Si vous entendez un cliquetis net à chaque pas dans le couloir, c’est le signal qu’il est temps de couper. Les chiens qui marchent surtout sur herbe ou en forêt usent moins naturellement leurs griffes que ceux qui vivent en appartement citadin, et demandent donc une coupe plus fréquente, en général toutes les trois à quatre semaines.

L’âge du chien joue aussi : un chiot très actif use naturellement ses griffes en jouant, tandis qu’un chien âgé, qui marche moins et moins vite, les use beaucoup moins et demande une surveillance plus rapprochée. J’ai souvent observé, chez des chiens seniors amenés en consultation d’éducation pour un tout autre motif, des griffes largement trop longues, simplement parce que le rythme de coupe n’avait jamais été ajusté à ce ralentissement progressif.

Étape 2 — Repérer la pulpe avant de couper

La pulpe de la griffe, ce tissu vivant irrigué de vaisseaux sanguins, se voit facilement sur une griffe claire : c’est la zone rosée au centre. Sur une griffe noire, plus difficile à lire, on coupe par petites tranches successives plutôt qu’en une seule fois, en s’arrêtant dès que le centre de la griffe change de texture, plus granuleux et humide qu’en périphérie.

Étape 3 — Choisir entre coupe-griffes et lime électrique

Le coupe-griffes classique, en forme de pince ou de guillotine, va vite mais coupe net, avec un risque de toucher la pulpe si le geste est imprécis. La lime électrique use la griffe progressivement, par petites passes, ce qui laisse le temps de s’arrêter avant d’atteindre la zone sensible : elle convient mieux aux chiens anxieux ou aux propriétaires peu sûrs de leur geste, au prix d’une séance plus longue et d’un bruit de moteur que certains chiens détestent au début.

Étape 4 — Ne pas oublier l’ergot

L’ergot, cette griffe située plus haut sur la patte et qui ne touche jamais le sol, s’use encore moins que les autres et demande une attention particulière : trop longue, elle finit par s’enrouler et blesser le coussinet en repoussant dans la peau. Certains chiens n’ont d’ergot qu’à l’avant, d’autres n’en ont pas du tout selon la race.

Étape 5 — Réagir en cas de saignement

Si la coupe touche la pulpe, la poudre hémostatique appliquée directement sur la griffe stoppe le saignement en quelques dizaines de secondes ; à défaut, un morceau de savon sec pressé contre la griffe fait à peu près le même effet en dépannage. Le chien retiendra l’épisode plus que la douleur elle-même, d’où l’intérêt de reprendre les séances suivantes en douceur, avec beaucoup de friandises, pour ne pas qu’il associe la coupe à un mauvais souvenir.

Un chien habitué très jeune à se faire manipuler les pattes accepte presque toujours mieux la coupe adulte : c’est un des premiers réflexes que je conseille d’installer, bien avant que la griffe ne pose un vrai problème. En cas de doute sur la longueur normale pour une race donnée, un passage chez le vétérinaire ou en clinique permet de vérifier et, au besoin, d’apprendre le bon geste sur place.

Le même soin de base vaut pour le chat, avec quelques nuances propres à son griffoir et à ses habitudes de griffade : la logique de repérage de la pulpe reste identique d’une espèce à l’autre.


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